Chair et bonne chère à la Renaissance

Thierry Verdier
Une démesure « gargantuesque », un appétit « pantagruélique », des manières « rabelaisiennes » ont à jamais inscrit le siècle de Rabelais dans le monde des plaisirs, de l’outrance, de la ripaille ou du stupre.
Physique
Broché, dos carré collé
24,00 €
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Une démesure « gargantuesque », un appétit « pantagruélique », des manières « rabelaisiennes » ont à jamais inscrit le siècle de Rabelais dans le monde des plaisirs, de l’outrance, de la ripaille ou du stupre. La bonne chère y a acquis une sorte de dignité qui la situait entre les bonnes manières de table, l’univers des fines gueules, mais le plaisir de se « gorger » de mets délectables que les cuisiniers françois préparaient avec application. Cette vision n’est pas la vérité d’un temps. Elle est facétie, par le mot, sur la trivialité du quotidien. Il est vrai qu’un certain esprit gaulois se plut à glousser sur les plaisirs de la chère. Rapidement pourtant, une promiscuité s’établit entre cette chère que vantait Rabelais, et cette autre chair qui, depuis toujours, suscitait convoitises ou admonitions. Rien d’étonnant dès lors que des propos « salaces » puissent naître sous les plus belles plumes : « parler à table » ou parler « de table » permettaient des écarts que la bonne langue ne pouvait pas toujours réprimer. Ainsi, dans une acception, comme dans l’autre, chair et bonne chère suscitaient discours, morale et remontrances. Cette mise en garde posée, il est nécessaire de penser la Renaissance dans une perspective renouvelée de la nature même de la chair et de la chère. Le corps n’est pas un objet tabou et son dévoilement participe alors de l’expression de la beauté. De même, le banquet n’est pas un discours sur la Sainte Cène, mais une sorte de partage évangélique et nourricier.

Le corps dans la peinture devint l’évidence d’une quête charnelle. L’érotisme ne se pensait pas graveleux, mais évanescent, car la sexualité ne s’entourait pas encore d’interdits. En sculpture, il fallait magnifier la tactilité d’une chair langoureuse. En architecture, il fallait redonner à la Cène sa dimension téléologique. Dans une relation ambiguë entre peinture et musique, le « tactus » (le « touchement ») du musicien devient une sorte de toucher sensuel qui transforme une technique vocale en une intimité chorale. Enfin, et fort logiquement, cette pratique sensuelle de musique put conduire vers l’Air de cour qui fut, à sa manière, un magnifique artifice pour donner une parole à la chair.

C’est donc à une promenade dans les délices de la chair et de la bonne chère que nous conduisent ces rencontres de Bournazel.

Plus d’information
Année de publication 2019
Auteur Thierry Verdier
Format 19x26
ISBN 978-2-9540039-8-6
Nombre de pages 214
Éditeur Presses universitaires de la Méditerranée – PULM
Langue Français
Type ouvrage Broché, dos carré collé
Date de mise à disposition 7 oct. 2020
Poids 0.520000
Thierry Verdier

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